Nine GESLIN

photoNine GESLIN

Vit et travaille à Vergonnes (49)

« J’utilise principalement le fil de fer. Ce matériau, de par sa docilité et sa mémoire, autorise une grande liberté… Obéissant sans gommer le doute, il dessine dans l’espace. J’aime aussi le remplir, lui donner chair à l’aide de différentes fibres glanées ici et là. En parallèle, je poursuis une recherche en dessin, souvent sur de grands papiers. Je suis une manuelle. J’aime triturer. C’est ma façon de participer au monde. J’aime travailler le fil de fer qui offre la même liberté que le dessin. Il ne s’impose pas. C’est important de pouvoir laisser la liberté d’interprétation à ceux qui regardent l’œuvre »

    Nini Geslin

Nini tressaille. Elle renifle l’humus. Nini est héritière d’une force tellurique qui afflue à ses mains, à ses yeux, sans qu’elle sache pourtant la traduire en phrases. Des mots trop secrets écorcheraient ses lèvres. Seules ses mains savent. Elle choisit un papier kraft froissé, déchiré, plein de plis et de taches. Un papier ayant déjà vécu, un palimpseste…
Elle le caresse en le posant sur la table encombrée de pinceaux et de crayons qu’elle écarte d’un geste pour préparer ses poudres…
Les noces de Nini. C’est une dévotion, un rituel…
Concentrée accroupie. Nul ne la dérange. Elle tisse des fils de fer rouillés qui forment dans l’air de légers entrelacs. Un travail d’araignée…

    Joël Drouilleau